11/05/2005

recommencement...

Hier, 17 h....Je suis en discussion avec Piero sur Msn. Il m'explique avec joie comment il est devenu parrain du fils de son meilleur ami, à qui il proposait de devenir celui de son propre fils...Bref, joie au programme.
 
Et puis d'un seul coup, gégé se met à hurler dans les couloirs, je l'ai rarement entendu gueuler comme ça...Je vois Antoine qui demande à tout le monde de se regrouper...Je comprends pas trop ce qui se passe, mais ça a l'air d'être la panique...Je vais voir.
Gégé est rouge de colère "j'ai dit tout le monde dans la salle, qu'il hurle, magnez-vous !".
Petit à petit c'est le bordel...Les éducs courrent partout, pour regrouper tout le monde. Karl me chope par le bras en passant près de moi, et me glisse à l'oreille "c'est le bureau de gégé, y'a quelqu'un qui l'a péta" (comprenez : quelqu'un à cassé le bureau, autrement dit, il s'est fait piqué des trucs)...
Sauf qu'il à pas besoin de m'en dire davantage. Pour que Gégé soit dans une telle colère, c'est qu'on lui a pas piqué n'importe quoi...Je suis certaine à ce moment là, que c'est dans l'armoire que quelqu'un s'est servi.
 
Et me voilà au milieu du foyer, avec tous les autres...Je suis postée là comme une conne, mais j'ai l'impression d'être en train de flotter au dessus de la salle.
Comme si je volais et que je regardais le spectacle...J'aime pas ce que je voit : suspicion, colère, peur, regards accusateurs, fouille rapide des casiers...Je ne supporte plus ce spectacle. Il me rappelle ceux du squat à chaque descente de keufs...Il me rappelle ceux de la prison, chaque fois qu'une nana se l'était joué perso..
 
Les bruits de couloirs font leur travail correctement : Il ne reste plus rien du stock de prod enfermés dans le bureau de Gégé.
 
Dans l'armoire au fond de son bureau, il rangeait ce que parfois il trouvait chez des nouveaux arrivants ou certains d'entre nous qui avions eus des sorties et qui en avaient profités pour ramener de quoi faire un ou deux shoots et qui s'étaient pas fait choper.
Shit, herbe, coke, taz, héro...Et là bin y'a plus rien.
 
Je croise le regard de sandra...Je sais que c'est elle. Je l'ai vu aller et revenir du bureau tout à l'heure. Et pis cette fille c'est moi il y a 4 mois. J'aurais fait la même chose si j'avais trouvé le bureau vide ne serait-ce que 10 secondes.
Elle me défie du regard genre "si tu me balance j't'éclate la gueule"...Pauvre conne...tu te balanceras toute seule...
 
J'me sens pas très bien à ce moment là...parce que la panique ambiante me fait ressentir des sentiments de phobie...Y'a de la coke dans les couloirs, tout près...et j'en veux pas...putain virez moi ça de là...
 
Tout se passe ensuite très vite. On est regroupés par groupe.
Dans le groupe 3 (les plus jeunes, ou les peines très courtes), y'a deux mecs et une nana qui ont réussi à choper des trucs parce qu'ils sont défoncés. Mais ça peut pas être eux qui sont allés dans le bureau parce qu'ils ont pas accès à ce coté du batiment et je ne les ai pas vu passer...
 
Chaque groupe est envoyé dans son aile...Et les educs commencent à fouiller les chambres...pendant ce temps gégé nous appelle tous un par un...
"est-ce que t'as vu quelque chose, est-ce que t'as entendu quelque chose, est-ce que quelqu'un t'as proposé quelque chose....etc"
 
Te fatigue pas gégé, tu sais très bien que personne te dira rien.
Ca dure deux heures comme ça...Mais tant que le coupable ne se sera pas désigné, on est tous consignés dans le foyer...pas de chambre, pas de bouffe...rien...
 
 
Elle à fini par cracher le morceau à 3h30 ce matin. J'ai passé la moitié de la nuit avec Karl et cécile devant des emissions de télé à chier...J'ai tout de même eu 1h30 de bonheur au téléphone...
 
Sandra à fini par céder...Karl commencait à devenir carrément menaçant, parce qu'il savait que c'était elle.
 
J'en ai marre d'être ici. J'en ai marre d'être dans cette merde depuis un an.
Je paye ce que j'ai fait, c'est normal. Mais je veux rentrer chez moi...
Comme dans un jeu qui n'en fini plus, où tu voudrais quitter la partie parce que t'es fatigué...Je veux rentrer...j'veux arréter là.
 
Mes parents ont payés financièrement...J'ai payé de mon temps...j'ai tout le reste de mon existence pour payer de ma morale...Je veux rentrer maintenant.
 
Tout ça c'est fini pour moi. J'ai plus rien à faire ici.Je veux rentrer chez moi.

09:36 Écrit par emi | Lien permanent | Commentaires (15) |  Facebook |

Commentaires

Courage ma puce, plus que 78 jours à tenir.
Je t'embrasse très fort

Écrit par : Yves | 11/05/2005

Tiens bon ça en vaut la peine, dis toi que si t'es là, c'est sûrement pas pour rien!
Et puis pense à tout ce que tu as vécu de bien depuis quelque temps, positive, profite de la chance qui t'es offerte de repartir à zéro.
Avec un nouveau boulot, qui sait!?! Et un Onze, dans les yeux duquel tu es si belle....
Courage!!!

Écrit par : Lilimoncello | 11/05/2005

;o) Courage Emi tu arrive chez toi !
bizzzz

Écrit par : scoodi | 11/05/2005

tiens bon ! ne laisse conneries d'une autre te bouffer le moral ! Le port se rapproche de plus en plus... Ne pense qu'à ça et laisse les cons dans leur merde

Écrit par : le doge | 11/05/2005

... Salut belle emi...
Chuuuut ! tout le monde va savoir que nous avons une liaison secrète....
Quoi??? hein ??? mais non je ne l'ai pas dit...
Allez, ça va aller de toute façon, tu dis toi-même que tu survoles tout ça, et bien ne te pose pas, pas en pilotage automatique et fais péter la post-combustion... Objectif mur du son..
Je t'embrasse bien fort

Écrit par : Piero | 11/05/2005

... Je voulais dire
.... passe en pilotage automatique....

Salut Lilimoncello !!!! rhoooo j'ai soif ;-)))

Écrit par : Piero | 11/05/2005

oui je comprends ton impatience, mais dsl je suis pas ok avec toi qd tu veux ainsi rentrer de suite. tu as encore des choses à faire là-bas, justement apprendre peut-être l'endurance dans des circonstances pénibles que tu y vois chez d'autres. bravo pour ta réaction face à la situation de crise et j'aime la sincérité: j'aurais fait la même chose au début. putain, me voilà devenu moins poète!! sorry ! allez je t'embrasse.

Écrit par : mik | 11/05/2005

Tiens bon Emi ! Dis-toi que tu fais un voyage, le train ne s'arrêtera qu'a destination ...
Autant que ce "trip" qui dure pour toi, je le conçois bien ... se passe au mieux, dans les meilleures dispositions qui s'offrent à toi actuellement ... (aussi restreintes soient-elles).

Bise,
enjoy

Écrit par : enjoy | 11/05/2005

!!! continue a survoler tout ça!!!!
courage emi!

Écrit par : armatt | 11/05/2005

Que de souffrances ... pour une seule personne ... tiens bon, les secondes s'égrainent une à une ... tu seras bientôt libre ... juste 2 jours avant la naissance de mon fils ...

Écrit par : Mateusz | 11/05/2005

... Bientôt, tu ne seras plus redevable de quoi que ce soit, envers qui que ce soit. Tu seras libre de vivre pour toi, de te construire une nouvelle existence, soutenue par tous ceux qui t'aiment. Bonne journée, Emi.

Écrit par : jocaste | 11/05/2005

... Juste biz, courage, tiens bon, survole, et encore bizz

Écrit par : Managua | 11/05/2005

Bonjour ma belle Pas trop présent sur les blogs pour le moment, mais, tu sais pourquoi hein !
De toutes façon, Piero (hé oui encore lui, merveille des merveilles) tiendra mon blog à jour !

Je t'embrasse, pense très fort à toi !

Écrit par : Nola | 11/05/2005

Ptite fée N'oublie pas surtout que tu es "libre dans ta tête" !
Une part de toi est déjà bien loin de tout ça;
L'autre part se souvient et souffre encore: c'est lucide, c'est constructeur mais c'est dur ...
Tu iras jusqu'au bout sans faillir , on le sait tous et chacun veille sur toi à sa façon.
Regarde: le compteur vient encore de décompter une minute.
Je t'embrasse

Écrit par : Muffy | 12/05/2005

... Tu dis avoir tt le reste de ton existence pour payer ta dette... moi je pense que c'est maintenant que tu dois payer, façon de parler bien évidemment ! C'est maintenant que tu dois avoir mal, que tu dois réussir à être dégoutée à un point tel que plus jamais tu ne voudras y retoucher, c'est maintenant que tu dois voir encore et encore les dégâts de la drogue, tant sur celui qui en prend que sur son entourage, c'est maintenant que tu dois réaliser comme il est difficile et bon à la fois de savoir s'en passer... c'est maintenant que tu dois crier, hurler ton mal être, maintenant que tu dois nager en eaux troubles mais garder la tête hors de l'eau, maintenant... pour que demain, une fois sortie... tout cela ne fasse plus partie que du passé, un mauvais cauchemard duquel tu te serais réveillée avec la peur au ventre et la sueur sur le front qui ne peuvent te faire dire qu'une chose : plus jamais ça... je pense bien à toi... bisous tt plein

Écrit par : katy | 12/05/2005

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